Fonds d'investissement et levées de fonds

Due diligence technique

Un avis indépendant sur ce que vaut réellement la technologie d'une société : ce qu'elle peut supporter, ce qu'elle coûtera à faire évoluer, et où sont les risques qu'aucune démonstration produit ne montre.

L'essentiel

  • 4 900 € pour un audit et une restitution écrite, généralement en deux semaines.
  • La question n'est pas « le code est-il beau » mais « cette technologie peut-elle porter le plan présenté, et à quel coût ».
  • Quatre axes : dette technique, sécurité et conformité, dépendance aux personnes, capacité à tenir la charge et le rythme annoncés.
  • Livrable écrit, chiffré et hiérarchisé : ce qui bloque l'opération, ce qui se corrige après, ce qui est acceptable en l'état.
  • Indépendance : je n'ai pas d'intérêt à ce que l'opération se fasse. Si mon avis est négatif, il est écrit tel quel.

Pourquoi un fonds fait auditer la technique

Les diligences financières et juridiques sont un réflexe ; la diligence technique reste souvent traitée par un entretien d'une heure avec le CTO. C'est étonnant, parce que dans une société de logiciel, la technologie est à la fois l'actif principal et l'endroit où se logent les risques les plus difficiles à déceler de l'extérieur.

Une démonstration produit montre ce qui fonctionne. Elle ne montre pas ce que coûtera la prochaine fonctionnalité, si l'équipe peut doubler sans s'effondrer, si un seul développeur détient les clés de l'ensemble, ni si une faille de sécurité rend l'opération risquée sur le plan réputationnel.

L'audit technique répond à une question simple, et c'est la seule qui compte pour un investisseur : la technologie peut-elle porter le plan que la société présente, et si non, combien coûte l'écart.

Ce que j'examine

L'audit suit quatre axes, avec une même logique : ne pas juger l'élégance, mesurer le risque et le coût.

La dette technique d'abord — non pas comme un jugement esthétique, mais comme un montant. Quelles parties du système ralentissent chaque évolution, de combien, et que coûterait leur remise à plat. Ensuite la sécurité et la conformité : gestion des accès et des secrets, exposition des données personnelles, base légale des traitements, dépendances non maintenues.

Le troisième axe est le plus souvent négligé et le plus dangereux : la dépendance aux personnes. Combien de gens comprennent le cœur du système, ce qui est documenté, et ce qui se passe concrètement si l'auteur principal part le mois suivant.

Le quatrième est la capacité à tenir le plan : l'architecture supporte-t-elle la volumétrie annoncée, les coûts d'infrastructure évoluent-ils proportionnellement au chiffre d'affaires ou plus vite, l'équipe peut-elle absorber les recrutements prévus.

Le livrable

Vous recevez un document écrit, pas une présentation orale à interpréter. Il tient en une quinzaine de pages et commence par la seule chose qu'un comité d'investissement lira à coup sûr : une page de synthèse avec un avis explicite.

Les constats sont hiérarchisés en trois catégories, parce que tout mélanger dans une liste unique n'aide personne à décider. Ce qui est bloquant pour l'opération. Ce qui est corrigeable après, avec un ordre de grandeur de coût et de délai. Ce qui est acceptable en l'état et n'appelle pas d'action.

S'y ajoutent les questions à poser à l'équipe technique lors de la restitution, et, si l'opération se fait, un plan des cent premiers jours côté technique.

Un point de méthode : je ne rends pas un avis positif de complaisance. Un fonds qui me sollicite achète un contre-pouvoir, pas une validation.

Côté fondateur : préparer sa due diligence

L'exercice se prépare, et les sociétés qui le préparent obtiennent de meilleures conditions — pas parce que leur technique est meilleure, mais parce qu'un investisseur escompte toujours ce qu'il ne comprend pas.

Quatre choses avant d'entrer en discussion. Documenter l'architecture sur deux pages compréhensibles par un non-technicien. Faire le point honnêtement sur votre dette technique et savoir la chiffrer : reconnaître un problème et présenter son plan de résorption inspire plus confiance que le nier. Vérifier que rien de critique ne dépend d'une seule personne. Et mettre en ordre les sujets de conformité, en particulier le traitement des données personnelles.

Je réalise aussi cet audit côté société, avant la levée. Le format est identique, la finalité change : le rapport vous sert à corriger ce qui peut l'être et à préparer vos réponses sur le reste.

Les quatre axes examinés

AxeQuestion poséeSignal d’alerte
Dette techniqueCombien coûte aujourd’hui la prochaine fonctionnalité ?Les délais de livraison s’allongent à effectif constant
ArchitectureLe système supporte-t-il la volumétrie du plan ?Les coûts d’infrastructure croissent plus vite que le chiffre d’affaires
Sécurité et conformitéQue se passe-t-il en cas de fuite de données ?Secrets dans le code, absence de gestion des accès, base légale non établie
Dépendance aux personnesQue se passe-t-il si le développeur principal part ?Une seule personne comprend le cœur du système, rien n’est documenté
Équipe et rythmeL’équipe peut-elle absorber les recrutements prévus ?Aucun processus de revue, aucune montée en compétence organisée

Chaque constat du rapport est rattaché à l'un de ces axes et classé bloquant, corrigeable ou acceptable.

Ce qui fonde cet avis

Direction technique en exercice

J'occupe le rôle de CTO chez mes clients : j'audite des systèmes que je devrais être capable de reprendre.

Voir toutes les réalisations

Questions fréquentes

Combien coûte une due diligence technique ?

4 900 € chez Workfutur pour l'audit et sa restitution écrite, quelle que soit la taille de la cible. Ce montant est celui de l'offre d'audit et cadrage figurant sur la page tarifs : il n'y a pas de grille cachée réservée aux fonds.

Combien de temps cela prend-il ?

Deux semaines en général, entre le premier accès aux dépôts de code et la remise du rapport. Une version accélérée en une semaine est possible quand le calendrier de l'opération l'exige, au prix d'une profondeur moindre sur les axes secondaires.

De quels accès avez-vous besoin ?

Un accès en lecture aux dépôts de code, la documentation existante quelle que soit son état, une vue de l'infrastructure et de ses coûts, et deux entretiens : un avec le responsable technique, un avec un développeur de l'équipe. Ce second entretien est souvent le plus instructif.

Que se passe-t-il si votre avis est défavorable ?

Il est écrit tel quel, avec les éléments qui le fondent. Je n'ai aucun intérêt à ce que l'opération se fasse, et un rapport de complaisance détruirait la seule chose qui donne de la valeur à cet exercice. Un avis défavorable n'est d'ailleurs pas toujours un refus : il chiffre souvent une décote ou une condition suspensive.

Intervenez-vous après l'investissement ?

Oui, c'est même fréquent : le rapport débouche sur un plan de cent jours que je peux exécuter en direction technique auprès de la participation. Dans ce cas je le signale au moment de l'audit, pour que le conflit d'intérêts potentiel soit sur la table et non découvert après.

Faites-vous cet audit pour la société elle-même, avant la levée ?

Oui, et c'est un bon investissement. Même méthode, même prix, mais le rapport vous sert à corriger ce qui peut l'être avant d'entrer en discussion et à préparer vos réponses sur ce qui ne peut pas l'être dans le temps imparti.

Prochaine étape

Un projet à transformer en produit ?

Réservez 30 minutes, ou présentez votre idée en quelques lignes. Nous répondons sous 5 jours ouvrés avec un cadrage gratuit — périmètre, risques, planning et barème d'engagement.